A Taissy, l’ICFP « Jacques Sevin »
lundi 28 janvier 2008
Ce jour-là : l’Institut Catholique de Formation Pédagogique de Taissy, à côté de Reims, a pris le nom de :
Jacques Sevin
Donner un nom à un ICFP ne se décide pas à la légère. Les responsables de l’Enseignement catholique de Picardie – Champagne – Ardennes voulaient le nom d’un éducateur « picard ».
Au milieu de plusieurs propositions, leur choix, en accord avec les évêques de la région et soutenu par Monseigneur Jordan, s’est finalement porté sur celui de « Jacques Sevin ». Madame Bugny , secrétaire de l’Enseignement catholique de l’Oise, avait beaucoup aidé à faire connaître ce grand éducateur, enseignant lui-même pendant sa jeunesse à la Compagnie de Jésus.
Co-fondateur du scoutisme catholique, fondateur de la Sainte Croix de Jérusalem dont le prieuré général est à Boran-sur-Oise, sa figure qui se tourne résolument vers l’éducation de la jeunesse était à même de donner un idéal haut et fort aux professeurs des écoles de l’enseignement catholique en formation. Le Père Jacques Sevin est aussi à l’origine de La Maison Française, collège et lycée d’enseignement catholique, à la pédagogie inspirée du scoutisme, situé en Picardie, à côté de Compiègne.
En premier lieu, une conférence magistrale et passionnante, devant une nombreuse assemblée, de monsieur Eric de Labarre, secrétaire général de l’Enseignement Catholique, a situé « les enjeux de l’Enseignement catholique ».
Il a relevé 4 fragilités, économique, éducative, pastorale (confessionnel ou non ?) et institutionnel (réforme et localisation).
Celles-ci entraînent 4 défis : L’enseignement catholique doit rester original : mission de formation des consciences et pas d’adaptation au marché de la main d’œuvre, déchristianisation de la France : Un service d’Eglise accueillant à tous, évolution démographique et impératif budgétaire, mais maintenir la liberté d’enseignement, la paix scolaire, apporter sa contribution au système éducatif français et enfin décentralisation de l’Etat : adaptation de l’EC en restant fidèle au diocèse.
D’où 4 priorités : creuser l’originalité du projet éducatif, pastoral : aborder la question religieuse par la liberté de conscience, que EC et diocèse se connaissent et se reconnaissent, relation avec les collectivités publiques ; donner du contenu aux contrats d’association et meilleure organisation de l’EC.
Monsieur de Labarre fut chaleureusement applaudi et répondit avec beaucoup de compétence et de simplicité aux questions que lui posa l’auditoire.
Nous étions ensuite tous invités à nous retrouver à l’ICFP Jacques Sevin pour la bénédiction par Mgr Jordan évêque de Reims, de la plaque qui sera installé dans le hall de l’ICFP, comme dans l’antenne ouverte à Amiens.
Xavier Villette, président de l’Institut catholique de formation pédagogique, après avoir remercié les nombreux invités présents, a
accueilli Mgr Jordan qui fit une présentation très chaleureuse, du père Jacques Sevin. Il donna ensuite la parole à Mère Madeleine Bourcereau, prieure générale de la Sainte Croix de Jérusalem et auteur de la biographie, « Jacques Sevin, fondateur et mystique »
Après un bref rappel de la vie de Jacques Sevin, elle s’attacha à souligner les points fondamentaux de sa pédagogie et sur lesquels celle-ci s’appuie : l’amour du jeune, le souci de la personne et sa connaissance, l’être et le faire avec, le souci « d’amener chaque jeune à la plénitude de sa valeur humaine », - « le développement de tout l’homme » cher à Jean-Paul II, la confiance que l’on fait et le mériter confiance qui en découle, la collaboration active du jeune à sa propre formation, la nécessité d’une pédagogie de l’encouragement et de la joie : créer autour du jeune une atmosphère de « famille heureuse » à une époque où les jeunes en sont si souvent privés etc.
« Croire à ce que l’on fait, et le faire dans l’enthousiasme ».
Autant de lignes de forces qui peuvent aider l’éducateur d’aujourd’hui.
Monseigneur Boishu, évêque auxiliaire de Reims, fit prier l’assemblée avec beaucoup de simplicité et de chaleur avant de procéder à la bénédiction de l’effigie de Jacques Sevin.
Pour finir cette bénédiction dans un échange fraternel, les élèves et les formateurs de l’ICFP- Jacques Sevin, avaient préparé un verre de l’amitié convivial.
Champagne, comme il se doit, à Reims ! Ce fut l’occasion de rencontrer et de pouvoir échanger avec certains d’entre eux, qui avaient eu en septembre, lors de leur journée de rentrée, l’occasion de venir à "la Maison Française », découvrir un peu le Père Jacques Sevin, éducateur. .
Longue vie à l’ICFP Jacques Sevin qui accueille déjà une centaine d’étudiants qui se préparent, au sein de l’Enseignement catholique à devenir, professeurs des écoles.




